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Les pédiatres et pédopsychiatres toujours dans l’attente d’un sursaut de l’exécutif (F.H. Journal International de Médecine) Naufrage de la pédopsy du 93…

Ce mouvement fait suite à une tribune publiée dans Le Monde, le 24 novembre dernier dans laquelle ces mêmes chefs de service annonçaient devoir « trier les enfants ».

Ils écrivaient : « alors que la pédiatrie alerte sur son manque de moyens amenant les médecins à des stratégies de « tri » pour prendre en soins le maximum d’enfants, François Braun, ministre de la santé et des solidarités, s’est dit choqué. C’est le manque de moyens qui oblige les soignants à trier des enfants. C’est la France qui trie ses enfants. La pédopsychiatrie est confrontée à ce constat depuis des années. En effet, par manque de moyens pour répondre aux multiples sollicitations, les services doivent, malgré eux, réaliser un « tri » des patients, car ils ne peuvent pas répondre à toutes les demandes ».

Autre conséquence de ce manque de moyens : l’attente pour un premier rendez-vous atteint désormais dix-huit mois dans les villes de Seine-Saint-Denis. Au total, les professionnels du 93 estiment que 1 750 enfants sont en attente de places en établissement spécialisé, et certains sont « sans solution », c’est-à-dire « sans scolarité, sans soins, sans éducation autre que la famille à la maison ».

Le collectif, qui doit rencontrer l’Agence régionale de santé (ARS) demande donc un renforcement massif des moyens en pédopsychiatrie pour de nouveaux recrutements, et un plus grand nombre de places en hôpital de jour, en hospitalisation et en centre d’accueil thérapeutique à temps partiel. Le collectif plaide aussi pour davantage d’inclusion scolaire avec des recrutements d’AESH, de nouvelles places dans les Instituts Médico-Educatifs et Sessad, plus d’unités enseignement autisme, et un plus grand nombre d’Ulis.


…ou de la pédopsy française ?


Mais la situation n’est pas propre au 93, alerte Clémentine Rappaport, cheffe du service de pédopsychiatrie de l’hôpital Robert-Ballanger (Aulnay-sous-Bois) au journal Le Parisien. « Cela fait des années que la situation s’aggrave et pas seulement en Seine-Saint-Denis » déclare-t-elle.

Elle plaide pour une hausse des moyens sur toute la France bien que « les moyens alloués à la pédopsychiatrie ont été à la hausse ces dernières années, ça ne suffit pas. On fait face à de plus en plus d’enfants qui présentent des troubles psychiques, qu’il s’agisse de troubles du neurodéveloppement, d’autisme, de déficiences, de difficultés d’apprentissage ou encore de troubles du comportement ».

Pour elle le constat est particulièrement sombre : « tout ce qui tenait autour des enfants s’écroule. La pédopsychiatrie, le tribunal pour enfants, l’Aide sociale à l’enfance, ou encore l’Éducation nationale qui est en grande difficulté. Les orientations officielles, aujourd’hui, c’est l’inclusion de tous les enfants à l’école, mais faute d’AESH (accompagnants pour les enfants en situation de handicap), ils ne sont pas accueillis, et c’est une situation généralisée à toute l’Île-de-France. Parfois, des enfants ne sont pas scolarisés du tout durant les trois ans de maternelle. D’autres sont déscolarisés à l’entrée en CP. Alors les troubles s’aggravent, l’écart avec les autres enfants se creuse. »

Aussi, elle demande : « des moyens pour la pédopsychiatrie, des moyens pour les CMP, des places en IME, et un bon accompagnement dans les écoles, avec des AESH formés, en nombre suffisant. On a honte de dire qu’on doit trier les enfants, ce n’est pas éthique. Mais la honte doit changer de camp ».

Le silence assourdissant d’Emmanuel Macron


Ce naufrage de la pédopsychiatrie pourrait s’étendre encore…à la pédiatrie toute entière. Après une première lettre ouverte adressée au Président de la République publiée le 21 octobre 2022 et restée sans réponse, le collectif de pédiatrie a lancé un nouveau cri d’alarme sur la dégradation des soins et interpellé directement le Président de la République le 1er décembre, dans une lettre publique signée par 10 000 soignants en pédiatrie, médicaux ou non. Dans celle-ci, les signataires demandent au Président de s’engager pour remettre sur rail la discipline.
A ce jour, le collectif ne peut que dénoncer « l’intolérable absence de réponse du Président de la République »

F.H.

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