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Antidépresseurs et grossesse : risque accru d’autisme aux 2e et 3e trimestres (Le Quotidien du Médecin)

La prise d’un traitement antidépresseur en cours de grossesse ne serait pas sans risque. Selon une étude québécoise publiée dans « JAMA Pediatrics », le traitement psychotrope est associé à une augmentation significative de 87 % du risque d’autisme lors des 2e et 3e trimestres. Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) en particulier semblent concernés, avec un risque multiplié par 2,17, de la prescription multiple d’antidépresseurs. Plusieurs facteurs sont évoqués dans l’étiologie des troubles du spectre autistique (TSA), parmi lesquels la génétique, l’environnement ou la dépression maternelle. L’équipe d’Anick Bérard, à Montréal, a voulu dans cette étude cohorte étudier spécifiquement l’association entre risque de TSA et traitement antidépresseur lors de la grossesse en fonction du trimestre d’exposition et l’existence d’antécédent dépressif maternel. Plusieurs facteurs confondants ont été pris en compte : caractéristiques socio-démographiques maternelles (âge, mère célibataire, assistance sociale, niveau d’éducation), antécédents maternels psychiatriques et de maladies chroniques, caractéristiques du nourrisson (sexe, année de naissance). La quasi-totalité des classes d’antidépresseurs ont été prises en compte: ISR, tricycliques, IMAO, IRS/noradrénergique, et d’autres.
Un suivi de 11 ans
Au total, 145 456 enfants nés entre janvier 1998 et décembre 2009 ont été inclus, pour un suivi maximal de 11 ans, et ce qui correspond à 904 035 personnes-années de suivi. Le diagnostic avait été posé chez 1 054 enfants (0,72 %), à l’âge moyen de 4 ans et demi. La proportion était de 4 garçons pour 1 fille. Sur les 4 724 enfants exposés in utero aux antidépresseurs, il y avait 31 enfants (1,2 %) exposés aux 2e et 3e trimestres.
En France, le centre de Référence sur les agents tératogènes (CRAT) rappelle qu’une consultation préconceptionnelle afin de réévaluer le bien-fondé du traitement psychotrope. Si un traitement est nécessaire, le centre rappelle de « ne pas hésiter à traiter efficacement une femme enceinte ». Le site du CRAT indique des spécialités qui peuvent être utilisées pour 3 classes d’antidépresseur (ISRS, tricycliques, IRS/Noradrénergique). L’étude, qui lance une alerte nouvelle, appelle des précisions supplémentaires. « Des travaux de recherche sont nécessaires pour évaluer spécifiquement l’association du risque de TSA entre le type d’antidépresseur et les posologies en cours de grossesse », concluent les auteurs.

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