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Octobre, mois de la CAA : entre promesses et vigilance

Le mois d’octobre est connu pour son ruban rose, mais il s’agit également du mois international de la Communication Augmentée et Alternative (CAA).

Pendant de nombreuses années, le PECS (Picture Exchange Communication System) a été la référence quasi exclusive en matière de communication alternative pour les personnes autistes. Basé sur l’échange de pictogrammes, il a permis à beaucoup d’enfants d’entrer dans la communication, tout en s’inscrivant dans des approches structurées.

Cependant, le PECS est aujourd’hui contesté (plus assez moderne, pas assez robuste).
Parallèlement, l’émergence d’outils numériques interactifs (tablettes, applications de synthèse vocale, logiciels dynamiques) a profondément transformé le paysage de la CAA. Ces supports, plus “tendances ”, sont perçus comme plus personnalisables, mais suscitent aussi des interrogations éthiques et pratiques : coût élevé, dépendance à la technologie, risque de standardisation et illusion de solutions rapides.

Il convient surtout de rappeler que la CAA n’a de sens que si elle s’inscrit dans une démarche clinique réfléchie, soutenue par une formation solide des professionnels et un accompagnement conjoint des familles.

La CAA est un moyen d’ouvrir des espaces de participation, à condition qu’elle soit adaptée, contextualisée et intégrée à un projet global de communication.

Un récent article* souligne des effets positifs sur la communication dans des routines sociales (chansons, jeux). Si les auteurs, relèvent une variabilité interindividuelle, ils soulignent l’importance du contexte d’utilisation et la qualité de la mise en œuvre.

Les outils de CAA évoluent, et cette palette de nouveaux supports témoigne d’un réel progrès : celui de penser enfin la communication comme un droit fondamental pour les personnes autistes.

Cet enthousiasme doit s’accompagner d’un regard éclairé par la science : aucune technologie, aussi séduisante soit-elle, ne peut faire fi de la prise en compte des besoins et potentiels individuels et environnementaux. N’oublions pas que la personne autiste a droit à un moyen d’expression maintenant.

Célébrer la CAA, c’est s’engager pour des pratiques fondées sur des preuves, accessibles, éthiques et réellement au service des personnes concernées

  • Référence : Miller, S., et al. (2025). Effect of AAC intervention on communication within social routines from preschool-age emerging symbolic communicators with developmental disabilities. Augmentative and Alternative Communication, 41(1), 1–15.

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