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Les entreprises encore trop timides face au handicap

  • Inclusion : « Les a priori plombent l’emploi des personnes porteuses d’un handicap mental »

INTERWIEW


À 30 ans, Flore Lelièvre est à la tête de l’association « Les Extraordinaires » et de deux restaurants qui agissent pour l’insertion professionnelle des personnes porteuses de trisomie 21. L’entrepreneuse raconte son combat à Maddyness.

Comment est née votre association « Les Extraordinaires », qui milite pour l’inclusion professionnelle des personnes atteintes de trisomie 21 ?
Pour valider mon diplôme en école d’architecture, je devais travailler sur un projet de fin d’études de mon choix. (…) Mon sujet était le suivant : comment penser l’architecture d’intérieur et le design objet pour créer un environnement professionnel inclusif pour les personnes trisomiques ? La double problématique – la création d’emploi et de lien social – m’a poussée à me pencher sur un projet de restaurant : quel meilleur endroit pour favoriser l’inclusion dans un milieu convivial ? Un an après, (…) je présentais Le Reflet lors d’une première réunion en 2015. Notre association « Les Extraordinaires » a été créée pour porter le projet de ce restaurant qui embauche des personnes porteuses de trisomie 21, aussi bien en salle qu’en cuisine. Nous avons d’abord ouvert « Le Reflet Nantes » en 2016, puis « Le Reflet Paris » en 2019. Sur les deux structures, nous comptons aujourd’hui 24 salariés, dont 14 porteurs de trisomie 21.  (…)

Quelles initiatives agissent pour l’inclusion professionnelle des personnes handicapées mentales ?
Aujourd’hui, les personnes porteuses d’un handicap mental sont encore beaucoup trop souvent mises sur la touche. Le problème de fond reste le regard qu’on porte sur le handicap. (…) On oublie de voir le caractère positif de cette inclusion, comme toutes les autres formes de diversité, dans l’entreprise. Quand on a ouvert en 2016 le restaurant à Nantes, on a fait un buzz de dingue, parce qu’on était les premiers à faire ça. On était content, mais c’est assez hallucinant quand même ce retard…  (…)

  • Le progrès passe aussi par l’embauche des personnes autistes


Entre 76 et 90 % des personnes autistes sont sans emploi, selon les estimations d’Autisme Europe. Pourtant, ce handicap pourrait bien être une force en entreprise. Explications.

  • À la traîne. Selon une étude publiée dans le Harvard Business Review en 2018, seulement 10 % des entreprises ont une politique encourageant la neurodiversité – terme qui regroupe les personnes connues comme dyspraxiques, dyslexiques, souffrant de TDAH (troubles de l’hyperactivité), de troubles du spectre de l’autisme, de Gilles de La Tourette et d’autres.
  • Stéréotypes. « Les sociétés ont aujourd’hui des procédures de sourcing très stéréotypées, elles cherchent des jeunes diplômés de moins de 35 ans, bac+5, avec deux ou trois ans d’ancienneté dans une entreprise », s’attriste Laurent Delannoy, fondateur d’Avencod, une startup de sous-traitance informatique dont 18 des 22 collaborateurs sont handicapés, et, parmi eux, 13 personnes autistes.
  • Richesse.« Les particularités cognitives des personnes autistes apportent énormément aux équipes comme la précision, la sensibilité aux erreurs… On valorise aussi chez eux la manière de penser ‘out of the box’, qui représente un vrai vecteur d’innovation, de perception avec des solutions qui n’entrent pas dans le moule », explique Flora Thiébaut, psychologue clinicienne en neurosciences cognitives et fondatrice d’Auticonsult, qui emploie des consultants sur le spectre de l’autisme.

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