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De nouveaux modèles animaux de l’autisme (Dr. Alain Cohen, Journal International de Médecine)

On considère désormais l’autisme comme un trouble du neuro-développement s’enracinant dans la vie intra-utérine, et influencé à la fois par des facteurs génétiques et des facteurs environnementaux.

Rédigé conjointement par des chercheurs de Pékin (Chine) et de Durham (Caroline du Nord, aux États-Unis), un article sur les modèles animaux de l’autisme rappelle que les déterminants génétiques concernent « environ 25 % des patients» et que « l’hétérogénéité» observée dans l’autisme comprend « un grand nombre d’allèles au caractère faiblement pénétrant.» Quant aux facteurs d’environnement, ils comprennent en particulier des molécules présentes in uteroà titre de « polluants» d’ordre pharmacologique (acide valproïque) ou autre (comme une infection contractée par la mère durant la grossesse).

Les examens anatomopathologiques réalisés post-mortem et l’imagerie cérébrale ont montré que certaines régions du cerveau (amygdale, cortex préfrontal, striatum) semblent plus affectées par l’intervention de ces facteurs d’origine génétique ou/et environnementale, car elles révèlent alors des « phénomènes neuro-inflammatoires» et des « anomalies des secteurs spécifiques en lien avec les signes cardinaux de l’autisme.» Par exemple, l’amygdale est impliquée dans la régulation des émotions et présente «une organisation anormale» chez les sujets avec autisme.

Des singes avec un déficit des interactions sociales
Plusieurs modèles animaux ont été élaborés pour mieux comprendre les interactions entre facteurs de susceptibilité génétique (gènes à risque) et facteurs d’ordre environnemental. Certains modèles impliquent des primates, en particulier un modèle de 2001 où un rétrovirus est utilisé comme vecteur de l’expression d’un gène  chez un singe rhésus (Macaca mulatta). Selon les auteurs, ce type de recherches ouvre « une nouvelle voie dans la modélisation» animale de diverses affections neuropsychiatriques. Ainsi, un gène mutant (responsable de la maladie de Huntington) a été transféré dans le zygote de singes par l’intermédiaire d’un lentivirus. Et pour une pathologie plus proche de l’autisme, des singes transgéniques pouvant « surexprimer une protéine associée au syndrome de Rett» (protéine MECP2, Méthyl-CpG-binding protein2)[1] montrent un « déficit des interactions sociales» évocateur des troubles du spectre autistique.

Les enseignements de ces modèles viennent compléter ceux d’autres modèles, notamment des rongeurs (rats et souris) utilisés depuis une vingtaine d’années, mais sont bien sûr plus prometteurs puisque les différences en termes de neuro-anatomie et de comportement social plaident à l’évidence pour une plus grande proximité entre « primates non humains» et humains qu’entre rongeurs et humains. Ces nouveaux modèles animaux de l’autisme (et des troubles apparentés comme le syndrome de Rett) devraient donc enrichir les recherches sur la compréhension des mécanismes sous-jacents de ces troubles et, peut-être ultérieurement, sur l’essor de nouveaux traitements.

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_de_Rett

RÉFÉRENCE
Hui Zhao et coll.: Modeling autism in non-human primates: opportunities and challenges. Autism Research 2018, 11: 686–694.

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