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Est-ce meilleur quand c’est long ? (Journal International de Médecine, Dr Alain Cohen)

Si « le mieux est l’ennemi du bien », comme l’affirme un dicton au parfum de paradoxe, et si cette considération peut s’appliquer également aux psychothérapies, les conclusions a priori surprenantes d’une étude réalisée au Royaume-Uni ne devraient alors pas nous étonner (1).

Examinant (sur une population de 26430 adultes) l’association entre la durée de la thérapie (psychologique) et le degré d’amélioration chez le patient (apprécié par les scores obtenus à l’échelle d’évaluation CORE-OM [1] (Clinical Outcomes in Routine Evaluation, résultats cliniques dans l’évaluation courante), cette étude montre que le niveau d’amélioration clinique s’avère « comparable, quelle que soit la durée de la thérapie ».  En l’occurrence, 60 % des patients ont obtenu une « amélioration fiable et cliniquement significative », avec des différences « modestes » autour de ce résultat, selon les divers services intervenant en matière de santé mentale.

Faut-il poursuivre les frais ?

Aussi Michael King, l’éditorialiste du British Journal of Psychiatry (2) est-il légitimement en droit de s’interroger : « Est-ce que davantage de psychothérapie permet d’obtenir de meilleurs résultats ? ».  Il est vrai que la réponse à cette question entraîne des « implications importantes » pour la vie des patients et le niveau des dépenses de santé dans la société. Mais la conclusion de cette enquête laisse sceptique sur l’intérêt de poursuivre les frais (de pychothérapeute), puisque la durée du traitement se révèle contre toute attente « inversement corrélée » avec le résultat ! « Devrions-nous être surpris ? » commente (perfidement ?) cet éditorialiste…

Toutefois, même si les adversaires des analyses interminables trouveront évidemment du grain à moudre dans cette illustration que le plus long n’est pas toujours le meilleur, et que brièveté peut aussi rimer avec efficacité, certaines interrogations demeurent. Est-il notamment possible qu’une psychothérapie prolongée puisse améliorer surtout l’issue à long terme, sans influencer de façon significative les résultats plus rapprochés qui demeurent les seuls appréciés dans l’étude (iconoclaste ?) évoquée ici ?…

[1] http://adai.washington.edu/instruments/pdf/Clinical_Outcomes_in_Routine_Evaluation_Outcome_Measure_69.pdf

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